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Un processus de conservation du patrimoine scolaire bati

Un processus de conservation du patrimoine scolaire bati

Soraya Bassil

Resume: Les auteurs presentent un processus de conservation du patrimoine scolaire bati, developpe par la Commission scolaire de Montreal (CSDM) en collaboration avec l’Ecole d’amenagement de l’Universite de Montreal et l’Ecomusee du fier monde. Ils donneront une idee des differentes phases de ce processus: sensibilisation, recherche, diffusion, phase operationnelle; dont l’objectif commun est de faire la valorisation du patrimoine et de mettre en place des mecanismes operationnels et politiques pour assurer la sauvegarde et la preservation de l’architecture scolaire du Quebec.

Abstract: The authors will present a patrimonial conservation process for school buildings developed mainly by the Commission scolaire de Montreal, in partnership with the Ecole d’amenagement de l’Universite de Montreal and the Ecomusee du fier monde. The text will enable the reader to oversee different stages of the conservation process, mainly sensitization, research, diffusion, and practice. Those stages will emphasize the importance of school heritage and the development of operational and political mechanisms to assure the safety and preservation of Quebec’s Schools architecture.

Introduction

Le patrimoine scolaire fait partie du paysage quebecois depuis longtemps. Il est ancre dans l’espace et le temps des villes et villages. Chaque Quebecois, grand ou petit, a un attachement particulier a son ecole: celle-ci fait partie de la vie quotidienne et de l’histoire de vie de chacun. Pourtant, ce patrimoine ne jouit pas de toute la reconnaissance qu’il merite. Comme les batiments scolaires sont souvent percus comme des batiments utilitaires, on les transforme ou on les demolit sans vraiment se soucier de leur valeur esthetique, historique ou architecturale. Le patrimoine scolaire est neglige, pourtant il s’agit d’une richesse a preserver et a valoriser.

Qu’en est-il de la situation actuelle des parcs immobiliers des commissions scolaires? Sans pouvoir repondre de maniere precise a cette question pour l’ensemble du Que’bec, cet article s’attarde particulierement au cas de la Commission scolaire de Montreal (CSDM), l’une des plus grandes au Que’bec. Puis, l’exemple de la restauration du Seminaire de Sainte-Therese est donne, comme un gage d’esperance pour tous ceux qui sont animes par l’amour du patrimoine bati au Quebec.

1. Le contexte general

Durant les annees d’apres-guerre, soit entre 1915 et 1940 et de nouveau entre 1950 et 1970, les commissions scolaires durent faire face a l’explosion demographique et donc a l’accroissement de la population scolaire. En 1961, l’obligation qu’on leur fit d’offrir la formation secondaire jusqu’a la onzieme annee, couplee a l’obligation faite a chaque enfant de poursuivre ses etudes jusqu’a l’age de quinze ans contribuerent egalement a faire augmenter la frequentation des ecoles publiques. Les commissions scolaires durent donc multiplier les nouvelles constructions et les agrandissements, tant pour le niveau primaire que pour le niveau secondaire. Non seulement durent-elles resoudre le manque d’espace consecutif a l’augmentation du nombre d’eleves, mais il leur fallut aussi remplacer plusieurs etablissements devenus vetustes et gerer l’implantation des nouvelles ecoles polyvalentes preconisees par le Rapport Parent (1964).

A compter de 1973, toutefois, le nombre d’eleves ayant diminue considerablement, les commissions scolaires furent aux prises avec le phenomene inverse, soit le surplus d’ecoles, notamment dans les anciens quartiers des villes. Les ecoles sous-utilisees ou vetustes (qui ne repondaient plus aux normes) furent les premieres a etre fermees, vendues, voire demolies. Un autre probleme vint s’ajouter a la gestion immobiliere: le vieillissement des ecoles. Celles-ci durent etre renovees et adaptees tant aux preoccupations pedagogiques qu’aux normes mises en pratique au fil des ans.

Ressources beaucoup plus limitees que celles qui auraient ete necessaires pour l’entretien des batiments et leur maintien en bon etat, et besoins pedagogiques urgents constituerent donc l’essentiel des facteurs avec lesquels les commissions scolaires ont du composer a l’epoque. Il en va d’ailleurs encore ainsi aujourd’hui. Dans le cas du parc immobilier de la CSDM, qui compte en 2005 deux cent quatre ecoles dont l’age moyen depasse cinquante-quatre ans, il est evident que les besoins sont grands.

Les services de gestion immobiliere doivent prendre des decisions difficiles. En effet, comment renover les ecoles tout en respectant leurs caracteristiques architecturales d’origine? Et comment proceder, etant donne le peu d’aide financiere consentie par le ministere de l’Education? En fait, le service des ressources materielles de la CSDM est non seulement force de couper de moitie dans ses besoins reels, mais il doit aussi faire face aux nombreuses exigences techniques et pedagogiques qui sont a l’origine des modifications constantes apportees aux ecoles (mise aux normes, entretien physique et adaptation fonctionnelle). En outre, comme le public est tres peu conscient de la valeur du patrimoine scolaire, la conservation de ces batiments ne s’impose encore que tres rarement comme une priorite.

Au cours des demieres annees, cependant, l’attachement au patrimoine bati a commence a preoccuper davantage la societe quebecoise, si bien qu’on note, au sein des commissions scolaires, une volonte naissante de mieux connaitre, conserver et preserver le patrimoine scolaire, temoin materiel de notre heritage culturel et educatif. La CSDM ne fait pas exception; preoccupee par la richesse historique de son parc immobilier, elle est entree dans un processus de conservation en creant un comite du patrimoine scolaire ainsi qu’une fondation (voir figure I). Il s’agit d’evaluer le parc immobilier et de savoir comment le mettre en valeur. Comme d’autres ailleurs au Quebec, le patrimoine scolaire bati montrealais compte en effet de nombreux edifices exemplaires du point de vue de l’histoire du developpement de l’architecture scolaire. Le processus de conservation du patrimoine bati qu’a suivi la CSDM comporte quatre etapes: phase de sensibilisation, phase de recherche, phase de diffusion et phase operationnelle.

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2. La phase de sensibilisation

Analyser les diverses constructions scolaires d’une societe, c’est en tracer un portrait. En effet, ces analyses mettent en lumiere plusieurs aspects de l’evolution de la construction scolaire au Quebec. A Montreal, c’est par l’entremise de travaux de recherche sur le parc immobilier de la CSDM (2000-2004) que l’importance des batiments scolaires et leur richesse ont ete revelees. Des 2002, la preoccupation pour la protection et la valorisation du patrimoine scolaire bati s’est manifestee par la creation de la Fondation des amis du patrimoine scolaire (2002) et l’elaboration d’un projet de diffusion par l’entremise d’une exposition (2004-2005).

Le processus de conservation du patrimoine debute par une prise de conscience: la commission scolaire se rend compte de la richesse de son parc immobilier. Le service de gestion immobiliere doit des lors creer un comite patrimonial. Ce comite a pour mission d’encourager la commission scolaire a effectuer ses activites de gestion immobiliere en tenant compte des batiments scolaires consideres remarquables et en respectant leurs caracteristiques architecturales.

Le succes d’une telle demarche sera d’autant mieux assure lors de la phase operationnelle que la commission scolaire, par le biais de son comite du patrimoine, aura constitue un reseau de pairs (professionnels oeuvrant dans le domaine, universitaires, etc.) charge de la recherche et de l’evaluation patrimoniale. Grace a ces deux operations, en effet, les batiments dignes d’une attention particuliere dans les operations de gestion courante auront ete identifies (voir figure I).

Evidemment, une saine gestion des batiments remarquables necessite des fonds. Puisque les subventions gouvernementales ne sont pas suffisantes, certaines commissions scolaires, dont la CSDM, ont besoin que d’autres institutions les aident a mettre en valeur leur patrimoine scolaire bati et a reveler toutes les problematiques qui lui sont reliees. C’est pour aider son comite patrimonial dans son travail d’evaluation et de gestion des batiments patrimoniaux que la CSDM a cree en 2002 une fondation. Bien qu’elle n’en soit qu’a ses debuts, cette fondation a deja pu financer quelques projets de diffusion, telle une exposition.

3. La phase de recherche

En 2000, par le biais de son programme de maitrise en conservation de l’environnement bati, dirige par Jean-Claude Marsan, l’Ecole d’architecture de l’Universite de Montreal etait invitee par la CSDM a elaborer une strategie de recherche pour proceder a l’evaluation patrimoniale de son parc immobilier: il s’agissait de dresser la liste des edifices remarquables A proteger et a mettre en valeur prioritairement. Il faut rappeler ici qu’aucune ecole n’etait alors protegee par la Loi sur les biens culturels et que quelquesunes seulement avaient le statut d’ << immeuble significatif >> (2).

La premiere etape de la recherche a donc consiste en l’analyse d’une serie de soixante-six edifices, selectionnes par la CSDM elle-meme. Tous, sauf trois, dataient d’avant 1945. Il s’agissait d’etablir une fiche d’identification incluant des photographies et des plans, lorsqu’ils etaient disponibles, mais surtout une evaluation de chaque edifice suivant les criteres reconnus en matiere de gestion de patrimoine, tels ceux du Bureau d’examen des edifices federaux du patrimoine (BEEFP) a savoir la valeur historique, la valeur architecturale et la valeur environnementale (3).

Ces visites ayant demande beaucoup de temps, et par ailleurs l’etude ayant ete menee par des architectes de formation, l’analyse architecturale et environnementale a naturellement predomine, c’est-a-dire qu’on s’est attache surtout a noter les observations sur l’implantation, l’organisation plus ou moins typique des plans, la construction, la composition, l’etat de conservation de l’edifice. Par contre, les evenements ou les personnages associes a l’ecole, qu’on ne peut retrouver que par des recherches bibliographiques ou en archives, ont recu moins d’attention. De meme, faute de recherches en ce sens, les liens entre l’histoire de l’education et l’architecture n’ont pas pu toujours etre faits.

Neanmoins, l’etude a fait ressortir plusieurs elements importants:

1. Les ecoles sont soumises a la rude epreuve du temps et de leur clientele. Il y en a peu qui puissent etre declarees << a l'epreuve des eleves >>. Pourtant, quelques-unes sont encore dans un etat exceptionnel, ainsi les ecoles Irenee-Lussier ou Le Plateau.

2. L’etude a permis egalement de tracer les premices d’une histoire de l’ecole comme type architectural, qui, pour les annees 1900-1930, s’avere plus riche et plus subtilement diversifiee que nous l’avions cru au depart.

3. Les ecoles jouent un role structurant dans l’organisation spatiale du quartier. Avec les eglises, ce sont souvent les seuls edifices dotes d’une architecture monumentale distinctive. Selon Jean-Claude Marsan, vingtcinq pour cent des ecoles sont situees sur le meme ilot ou sur l’ilot voisin de l’eglise et cinquante-cinq pour cent sont situees en tete d’ilot, ce qui constitue de bons indicateurs du role strategique qu’on voulait leur faire jouer dans le paysage urbain.

Il s’averait difficile, cependant, de tracer un veritable portrait a partir d’un echantillon de soixante-six batiments et plusieurs questions restaient sans reponse. Par exemple, existait-il des edifices dont l’importance etait sous-estimee et qu’en etait-il du patrimoine moderne et de la contribution des batiments contemporains? Seul un inventaire pouvait repondre a ces questions et etablir un portrait de la situation qui tiendrait compte de toutes les ecoles. Plus de deux cents autres edifices ont donc ete inventories, avec une fiche simplifiee.

4. La phase de diffusion

L’inventaire termine, certaines fiches ont ete deposees sur le site Internet de la CDSM. Il s’agissait la d’une premiere diffusion en vue de faire reconnaitre ce patrimoine par un public plus large. Par la suite, nous avons procede, etape par etape, a des analyses plus poussees de certains edifices. Cela nous permit d’ecrire leur histoire evenementielle, et de situer celle-ci dans l’histoire du quartier ou celle des idees. D’ailleurs, nous avons juge tres important de considerer l’architecture elle-meme comme un document historique, qui traduit, dans la mise en espace et la mise en forme, les valeurs de son temps, que ce soit sur l’institution, la vision de l’enseignement, la securite ou l’hygiene, par exemple. Ces analyses historiques ont ete publiees sous forme de monographies (4).

L’inventaire comporte aussi d’autres avantages; en effet, il peut servir A rationaliser la gestion du patrimoine, car il fonde les criteres sur lesquels sont etablies les priorites dans la conservation, il degage le remarquable de l’ordinaire, et dans le cas d’interventions sur un edifice, il peut etre utile pour distinguer l’intouchable de l’accessoire.

Quant a la diffusion, elle peut se faire sous diverses formes: publications scientifiques et de vulgarisation sous format papier et electronique, exposition et programme educatif, documents audiovisuels, presentation de conferences, organisation de colloques, etc. La CSDM a privilegie les moyens de diffusion suivants: une exposition, des publications, un programme pedagogique sur Internet, des animations et une video.

4.1 L’exposition, un outil didactique

En 2002, le comite patrimonial de la CSDM a contacte l’Ecomusee du fier monde dans l’intention de valoriser le patrimoine scolaire montrealais par le biais d’une exposition. Tout en poursuivant la phase de recherche entamee lors des analyses des batiments, l’Ecomusee a travaille a la diffusion de l’information, afin de la rendre accessible a tous. Deux ans plus tard, en 2004, une nouvelle exposition intitulee Les murs de l’ecole etait inauguree.

Le musee a privilegie une approche historique du sujet qui fait revivre le developpement de l’architecture scolaire a travers les differentes epoques de la construction scolaire publique (1800-2004), et illustre, par des exemples montrealais, les differents visages de l’ecole comme batiment. Ce parcours chronologique sert de pretexte pour faire connaitre la richesse de l’architecture scolaire publique par le biais d’un rapprochement entre l’histoire de l’architecture et celle de l’education au Que’bec. Tout comme l’eglise, l’ecole possede en effet une architecture monumentale typique a sa vocation premiere, celle de l’education des enfants. Et tout comme l’eglise, l’ecole doit etre consideree comme faisant partie du patrimoine bati du Que’bec, y compris par les instances gouvernementales. L’exposition comprend aussi une maquette virtuelle qui peut etre utilisee en tous lieux pour promouvoir la valeur du patrimoine scolaire bati.

La maquette de l’ecole primaire superieure Le Plateau integre plusieurs significations historiques au batiment, ce qui permet d’en comprendre toute l’importance pour l’evolution de l’architecture scolaire au Quebec. Par exemple, l’inclusion dans cette maquette de plusieurs locaux specialises tels l’auditorium, le gymnase, les laboratoires de physique et de chimie ont permis de temoigner des developpements en education au debut du XXe siecle. Ces ajouts de salles specialisees se sont poursuivis et ameliores dans les decennies suivantes, et la maquette virtuelle nous permet d’en montrer les premiers essais. Cette maquette peut etre utilisee en accompagnement d’un cours sur l’histoire de l’architecture ou d’une presentation orale, puisqu’elle synthetise en un exemple plusieurs faits historiques d’ une periode donnee dans la construction scolaire au Quebec.

4.2 Les publications

Un projet conjoint entre l’Ecomusee du fier monde et la revue Continuite a permis de concevoir un numero dedie au patrimoine scolaire bati a travers le Quebec. Le dossier s’intitule << L'ecole: Un patrimoine a reconnaitre >>. Cette publication ouvrira de nouvelles perspectives sur la question du patrimoine et permettra de faire davantage connaitre ce patrimoine menace.

D’autres publications maison ont aussi ete preparees sur l’analyse patrimoniale des batiments de la CSDM. Ces ouvrages pourront etre forts utiles pour faire avancer la recherche dans le domaine du patrimoine scolaire. Ils pourront aussi servir d’exemples pour d’autres analyses patrimoniales. Plusieurs fiches d’ecoles ont meme ete deposees sur Internet pour une plus grande diffusion (voir plus haut).

4.3 Programme pedagogique sur Internet et animations

Le public de l’Ecomusee du fier monde se compose en majorite de groupes scolaires. Le projet d’exposition a ete combine a un programme pedagogique qui sera bientot accessible sur Internet (http://www.csdm. qc.ca/mursdelecole/). Il aidera a preparer les enfants du primaire a la visite au musee en leur permettant d’acquerir des connaissances liees au domaine de l’architecture et, plus particulierement, a celle de l’ecole. C’est une autre facon de vulgariser les recherches concernant l’architecture scolaire, comme le sont les animations au musee et les circuits pedestres.

4.4 Une video

Afin de pouvoir diffuser le sujet autant a la television que dans les salles de classe, le Groupe de recherche sur l’education et les musees (GREM), un des partenaires de l’Ecomusee, a propose la realisation d’une video illustrant quelques exemples d’ecoles construites entre 1870 et 2004, et insistant sur l’evolution de 1′ architecture et sur l’attachement des gens pour ces batiments.

5. La phase operationnelle

La phase operationnelle fait intrinsequement partie de la gestion immobiliere des commissions scolaires. Du cote de la CSDM, les inventaires realises ont deja porte fruit. En effet, la Direction des ressources materielles a tenu compte des resultats de ces etudes dans ses processus operationnels. Le modele de gestion de l’entretien physique des batiments a ete modifie afin d’incorporer une directive particuliere pour chaque batiment concerne. Un architecte responsable verifie les travaux de refection architecturale requis dans ces edifices. Depuis, plusieurs travaux ont ete realises dans le respect et la preservation de la richesse architecturale de certains batiments.

5.1 Un exemple de restauration: le Seminaire de Sainte-Therese

Construit entre 1883 et 1888, le Seminaire de Sainte-Therese a ete cede au Gouvernement du Quebec en 1966-1967 et a pris le nom de College Lionel-Groulx. Il a fallu attendre pres de dix ans pour qu’il soit classe, en 1979, comme bien culturel. Sa restauration, qui commenca en 1980, devait prendre en compte la mise aux normes de la batisse, son entretien physique et son adaptation fonctionnelle. On visait entre autres a restaurer l’enveloppe du batiment (la maconnerie en pierre a bosses, la fenestration, la toiture d’ardoise, les vitraux ogivaux, notamment) et plusieurs des elements de la decoration interieure.

Pour realiser ces travaux, il fallait d’abord un souci institutionnel pour le patrimoine architectural, puis des budgets qui en tiennent compte. Ces deux conditions ont ete respectees, comme le prouvent la restauration des fenetres et la reutilisation judicieuse des parloirs, effectuees entre 1980 et 1990.

Afin de respecter le cachet de la decoration interieure des parloirs tout en faisant la mise aux normes, les travaux de reamenagement ont du allier respect du patrimoine, securite des utilisateurs et rendement optimal des espaces. En temoigne l’ajout de cloisons superieures aux panneaux de chene vitres et de portes d’origine recuperees d’un autre etage, afin d’insonoriser les salles et de cloisonner l’escalier central. Le tout, bien entendu, complete par un systeme de gicleurs permettant de conserver l’escalier central ouvert sur tous les etages. Lors de sa mise en action, le systeme de gicleurs pourra creer un rideau d’eau suffisamment securitaire pour eviter d’etre dans l’obligation de tout cloisonner.

Quant a la restauration des fenetres, elle a necessite de nombreux pourparlers entre les representants du ministere des Affaires culturelles et ceux du College. Une fois l’autorisation obtenue, le College a pu privilegier une approche contemporaine avec recomposition authentique. En clair, les nouvelles fenetres sont modernes par leur materiau (metal anodise), mais s’inspirent des fenetres d’origine a vantaux francais dont les meneaux vertical et transversal recreaient la forme d’une croix.

Conclusion

Cette breve description d’un processus de valorisation du patrimoine scolaire, mis en application par la Commission scolaire de Montreal (CSDM) afin d’evaluer la qualite de son parc immobilier est, bien entendu, un exemple parmi tant d’autres des efforts collectifs necessaires pour la sauvegarde du patrimoine bati quebecois. Il est a souhaiter que d’autres commissions scolaires suivent les traces de leur consoeur de Montreal et puissent, dans un premier temps, faire avancer les connaissances au sujet des ecoles comme << immeubles significatifs >> et, dans un second temps, valoriser cette richesse qui est partie prenante de l’histoire du Quebec.

Soraya Bassil, Yvon Crevier et Jacques Lachapelle (1)

(1) Soraya Bassil a ete la commissaire de l’exposition intitulee Les murs de l’ecole. Elle est historienne d’art et museologue se specialisant dans la mise en exposition de l’architecture. Elle redige actuellement sa these de doctorat a l’Universite Louvain-la-Neuve (Belgique), intitulee L’architecture mise en exposition: concepts et didactique. Yvon Crevier est directeur des ressources materielles de la Commission scolaire de Montreal, qui dispose du parc immobilier scolaire le plus etendu au Quebec et dont la majeure partie a ete construite avant les annees 1960. Il est detenteur d’un baccalaureat en sciences de l’Ecole polytechnique de Montreal ainsi que d’une maitrise en administration publique de l’Ecole Nationale d’Administration Publique. Depuis plus de vingtcinq ans, il s’est interesse a la conservation du patrimoine architectural et a contribue a la preservation d’etablissements scolaires. Il est actuellement president de la Fondation des amis du patrimoine scolaire. Jacques Lachapelle, architecte et historien de l’architecture, est professeur a l’Ecole d’architecture de l’Universite de Montreal. Il a collabore a l’inventaire des ecoles de la Commission scolaire de Montreal qui etait sous la direction de Jean-Claude Marsan.

(2) Il existe un reglement de la Ville de Montreal qui permet a chaque arrondissement d’attribuer a certains batiments le titre d’<< immeuble significatif >>. Il s’agit d’un statut de protection du patrimoine bati emis par le Conseil de ville.

(3) Code de pratique du BEEFP, Ottawa, Patrimoine canadien/Environnement Canada, 1996.

(4) Isabelle BOUCHARD, Ecole Le Plateau, Evaluation patrimoniale effectuee par la CSDM, Montreal, septembre 2002, 45 p.

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