Familiarité des concepts vivant et non vivant en fonction de l’âge et du genre

Familiarité des concepts vivant et non vivant en fonction de l’âge et du genre

Duarte, Liliana Rico

Résumé Nous présentons la familiarité subjective estimée pour 120 concepts appartenant au domaine vivant (animaux, fruits, légumes) et non vivant (véhicules, vêtements, outils) en fonction de l’âge et du genre des participants. Parallèlement à la construction d’une base de concepts contribuant à terme à l’étude en français de l’évolution de l’organisation conceptuelle lors du vieillissement normal et pathologique, nous testons l’hypothèse d’une interaction genre/catégorie. Les résultats montrent l’importance de distinguer les concepts en fonction de ces facteurs dans la construction des tâches expérimentales.

Abstract This work presents the rates of subjective familiarity assessed for 120 concepts belonging to the living (animals, fruits, vegetables) and nonliving (vehicles, clothes, tools) domains according to the age and gender. At the same time as the construction of a set of concept norms contributing to the French study of the evolution of the conceptual organization in normal and pathological ageing, we test the assumption of an interaction between gender and category. The results stress the importance to distinguish the concepts according to these factors in the construction of experimental tasks.

Les dissociations sémantiques (vivant vs non vivant) observées chez des patients cérébro-lésés – phénomènes dans lesquels la capacité à identifier des catégories spécifiques d’objets peut être sélectivement dégradée alors que la performance pour d’autres catégories reste relativement moins affectée – apportent des renseignements à propos de la structure de la mémoire sémantique (pour une revue de la littérature, cf. Capitani, Laiacona, Mahon & Caramazza, 2003; Samson, 2001). Dans ce travail, nous nous sommes intéressés à la familiarité des concepts. La familiarité est désignée comme l’estimation subjective qu’un individu réalise à propos des expériences qu’il a avec un concept particulier à travers divers contextes (McCloskey, 1980). L’importance de ce facteur a été mise en évidence par des travaux montrant que son contrôle minutieux pouvait conduire parfois à une disparition du déficit catégoriel initialement observé (Capitani et al., 2003; Funnell & Sheridan, 1992; Gaffan & Heywood, 1993; Laws, Leeson & Gale, 2003; Stewart, Parkin & Hunkin, 1992; Tippet, Grossman & Farah, 1996), bien que d’autres études ayant pris en compte ces considérations méthodologiques rapportent la persistance du déficit (Samson & Pillon, 2003; Sheridan & Humphreys, 1993; Zannino, Perri, Carlesimo, Pasqualetti & Caltagirone, 2002).

D’un point de vue théorique, la familiarité s’avère potentiellement importante comme source de production du déficit lorsqu’il porte sur le domaine – vivant versus non vivant – mais aussi lorsqu’il s’agit de considérer des patterns plus complexes tels que la dissociation intra domaine animaux versus fruits et légumes. Concernant d’abord l’occurrence du déficit spécifique à un domaine des concepts, différentes études auprès de patients ont montré que les femmes présentaient des difficultés plus marquées dans le traitement des concepts du domaine non vivant alors que les hommes auraient des difficultés dans le traitement des concepts du domaine vivant (Laiacona, Barbarotto & Capitani, 1998; Laiacona, Luzzatti, Zonca, Guarnaschelli & Capitani, 2001). Parallèlement, des travaux ont rapporté une interaction entre les catégories sémantiques et le genre des participants dans les tâches telles que la fluence verbale, la dénomination d’images (Capitani, Laiacona & Barbarotto, 1999; Laws, 1999) et les tâches de jugement de familiarité (Albanese, Capitani, Barbarotto & Laiacona, 2000; Funnell, Hughes & Woodcock, 2002; Funnell & DeMornay Davies, 1996). Les femmes seraient plus efficientes que les hommes dans le traitement des catégories du domaine vivant alors que les hommes auraient davantage de facilité dans le traitement des catégories du domaine non vivant.

Concernant les différences intra domaine, on sait que les fruits et légumes peuvent être sélectivement affectés par rapport aux animaux. Cette forme de déficit, plus fréquente chez les hommes (Capitani et al., 2003), peut également s’expliquer par la familiarité puisqu’il a été observé que comparativement aux femmes, les hommes sont moins familiers avec les fruits et légumes qu’ils ne le sont avec les animaux (Barbarotto, Laiacona, Macchi & Capitani, 2002; Capitani et al., 2003). Ces travaux soulèvent par conséquent la nécessité de disposer de normes sur la familiarité en fonction du genre qui permettent de contrôler ce phénomène dans la construction de tâches expérimentales futures afin de limiter l’apparition de déficits artificiels. Dans ce travail, nous recueillons une mesure subjective concernant le degré de familiarité des concepts. Il s’agit de fournir une base de concepts en français pour laquelle on disposera de données concernant ce facteur en fonction du genre et de l’âge des participants. Nous nous intéresserons ici à six des huit catégories sémantiques les plus fréquemment impliquées dans le déficit catégoriel : les animaux, les fruits, les légumes, les véhicules, les vêtements et les outils. Si l’on considère les bases de données les plus importantes disponibles en français (Alario & Ferrand, 1999; Bonin, Peereman, Malardier, Méot & Chalard, 2003), le nombre de concepts par catégorie est très inégal, rendant difficile la mise à l’épreuve des hypothèses avancées dans le contexte de la dissociation vivant/ non vivant. Par exemple, la base d’Alario et Ferrand (1999) offre des normes pour 93 animaux, 20 vêtements, mais seulement 13 fruits, 12 véhicules, 14 légumes et 15 outils. Le travail complémentaire de Bonin et al. (2003) n’augmente que très faiblement le nombre de concepts par catégorie sémantique. De plus, ces bases ne nous informent pas sur la distribution des facteurs étudiés en fonction du genre des participants (féminin/masculin), ni de l’âge (jeune/âgé). Or, nous avons vu que le genre peut influencer le déficit sémantique. Quant à l’âge, des dissociations catégorielles sont observées dans les pathologies liées au vieillissement comme la maladie d’Alzheimer (Perri et al., 2003; Whatmough et al., 2003; Zannino et al., 2002). Par conséquent, il semble opportun de recueillir des données auprès de personnes jeunes et âgées afin de mieux contrôler ce facteur dans les travaux expérimentaux ultérieurs. Ces normes peuvent s’avérer également utiles dans l’étude du vieillissement d’autres fonclions cognitives (par ex., mémoire de travail, mémoire épisodique, attention, inhibition, etc.) puisque la majorité des travaux effectués sur le vieillissement cognitif utilisent des mots comme matériel expérimental. Or, les normes disponibles sont établies généralement à partir d’un échantillon d’adultes jeunes comme c’est le cas du travail d’Alario et Ferrand (1999). Cet objectif apparaît renforcé par des études récentes qui rapportent des patrons différentiels de réponses en fonction de l’âge dans une tâche normative d’association verbale (Hirsh & Tree, 2001; Tarrago, Martin, De La Haye & Brouillet, 2005). Dans ce contexte, l’objectif principal de notre travail est de fournir des normes de familiarité pour des concepts du domaine vivant et non vivant en fonction de l’âge et du genre des participants. Parallèlement, nous évaluons l’hypothèse d’interaction genre/catégorie.

Méthode

Participants

Cent quarante personnes ont participé à cette expérience : 70 participants jeunes et 70 personnes âgées. Les distributions en fonction de l’âge, du genre et du niveau d’études sont présentées dans le Tableau 1. Tous les participants étaient de langue maternelle française et ont été évalués avec le MMSE (Mini Mental State Examination de Folstein, Folstein & Mac Hugh, 1975), la moyenne pour le groupe de participants jeunes est de 29,97 et de 28,98 pour le groupe de personnes âgées. Aucun participant âgé inclus dans cette étude n’avait un score inférieur à 28. Les personnes âgées étaient autonomes et ont été contactées dans différents clubs de troisième âge de deux départements du sud de la France. Les participants jeunes ont été contactés soit à l’université soit aux maisons des jeunes des deux mêmes départements.

Matériel

Les stimuli utilisés comprenaient 120 concepts au total, dont 60 appartenant au domaine vivant (animaux, fruits, légumes) et 60 appartenant au domaine non vivant (véhicules, vêtements, outils), soit 20 exemplaires pour chacune des catégories sémantiques. La fréquence lexicale des exemplaires a été contrôlée à partir de la base LEXIQUE (New, Pallier, Ferrand & Matos, 2001). L’analyse de variance effectuée sur la fréquence des concepts en fonction des catégories ne révèle aucun effet global de ce facteur F(5, 114) = 2,03, p = ,08, NS. L’Annexe A présente l’ensemble des concepts retenus ainsi que leurs fréquences cumulées et de lemme d’après LEXIQUE (New et al., 2001).

L’épreuve de jugement de familiarité se présente sous la forme de questionnaires. Trois versions du même questionnaire ont été construites afin de contrôler l’ordre de présentation des exemplaires. Dans chaque version, nous avons contrebalancé l’ordre des items en fonction du domaine d’appartenance (vivant/ non vivant) et des catégories sémantiques.

Procédure

Nous avons présenté aux participants une liste de mots (20 exemplaires par page). Leur tâche, adaptée de Hirsh et Funnell (1995), consistait à estimer sur une échelle de 1 à 5, si le concept lui était très familier (5) ou peu familier (1). Si l’exemplaire était inconnu, les participants pouvaient cocher la case zéro (O).

Des exemples ont été fournis avec des items appartenant à des catégories sémantiques différentes de celles testées. Les évaluations ont été réalisées de manière individuelle.

Résultats

Des analyses de variance ont été effectuées sur les données par sujet (Fl) et par item (K2). Dans l’analyse par sujet, le facteur intragroupe était soit le domaine soit la catégorie et les facteurs intergroupes étaient l’âge et le genre. Dans l’analyse par item, le domaine ou la catégorie ont constitué le facteur intergroupe et la fréquence des items a été introduite comme co-variable tandis que l’âge et le genre étaient les facteurs intragroupe. Les analyses post-hoc ont été effectuées avec le test HSD de Tukey.

Analyse en fonction des domaines

Les Figures la et Ib illustrent les scores moyens de familiarité pour les domaines de connaissance en fonction de l’âge et du genre des participants. L’analyse montre que les concepts du domaine vivant ont été jugés plus familiers (M = 3,42, ES = 0,06) que les concepts du domaine non vivant (M = 3,31, ES = 0,05) uniquement dans l’analyse par sujet /1(1, 136) = 6,74, p

En revanche, des interactions significatives ont été observées dans les deux analyses d’une part entre le domaine (vivant et non vivant) et le groupe de participants (jeunes et âgés) F1(1, 136) = 7,49, p

Les comparaisons post-hoc indiquent que les personnes âgées estiment plus familiers les concepts du domaine vivant que ceux du domaine non vivant, dans les deux analyses /1 et FZp

Analyse en fonction des catégories

La Figure 2 représente le score moyen de familiarité pour les différentes catégories en fonction de l’âge des participants. L’analyse de variance montre un effet significatif du facteur catégorie sur le jugement de familiarité, même après contrôle de la fréquence lexicale dans l’analyse par items /1(5, 680) = 12,44, ñ

Les personnes âgées ont généré des estimations plus élevées que les participants du groupe jeune pour l’ensemble des catégories (Fl et F2, p

Les tests de comparaisons HSD de Tukey montrent des différences significatives pour trois catégories aussi bien dans l’analyse par sujet que dans l’analyse par item : les femmes jugent plus familiers que les hommes les concepts de la catégorie Légumes Fl et FZ, p

Discussion

L’objectif de ce travail était de fournir des normes concernant la familiarité des concepts en fonction de l’âge et du genre, tout en évaluant l’hypothèse d’interaction genre/catégorie. Pour ce qui est du premier objectif, les valeurs moyennes obtenues par concept pour l’échelle de familiarité sont présentées dans l’Annexe A. Concernant l’interaction genre/catégorie nous allons l’aborder en référence aux comparaisons par domaine (vivant vs non vivant) puis à celles portant sur les catégories.

Les résultats de notre étude confirment l’hypothèse d’un effet du genre sur le jugement de familiarité de certains concepts (Albanese et al., 2000; Funnell et al., 2002). En effet, en ce qui concerne le domaine, les femmes considèrent les concepts du domaine vivant plus familiers que les hommes. Toutefois, bien que les hommes accordent des scores de familiarité plus élevés que les femmes aux concepts du domaine non vivant, cette différence ne s’avère pas significative.

L’analyse par catégorie révèle un effet marqué du genre sur les estimations de familiarité de certaines d’entre elles. Cet effet est limité à trois catégories sémantiques. Ainsi, les femmes accordent un score de familiarité plus fort que les hommes à la catégorie Légumes mais également à celle Vêtements qui appartient au domaine non vivant. Le profil inverse est observé pour les concepts de la catégorie Outils, les hommes les jugeant plus familiers que les femmes. Le résultat observé pour les catégories Légumes et Outils est intéressant puisqu’il confirme une certaine régularité des concepts concernés par cet effet. L’interaction genre/catégorie est observée de manière récurrente pour ces catégories aussi bien dans les tâches de jugement de familiarité (Albanese et al., 2000), de fluence verbale (Capitani et al., 1999), ou de dénomination (Barbarotto et al, 2002). Une possible interprétation de cette interaction est fondée sur le poids de l’environnement social. Ici, les expériences quotidiennes conduiraient les hommes à s’intéresser davantage à des catégories du domaine non vivant telles que les outils et les véhicules alors que les femmes seraient davantage familiarisées avec des catégories du domaine vivant telles que les fruits et les légumes (par ex., Barbarotto et al, 2002). La même explication pourrait être attribuable au résultat concernant la catégorie Vêtements. Nos résultats contribuent ainsi à montrer la régularité de ce phénomène et conduisent à penser que les relations entre connaissances sémantiques et genre ne sont pas indépendantes. Ils soulignent l’importance de prendre en compte l’existence de ce phénomène lors de l’évaluation de la mémoire sémantique et plus largement, lors de l’évaluation d’autres fonctions cognitives qui requièrent le traitement de ce type de concepts. Au regard des dissociations intra domaine telles que celles qui opposent les concepts de la catégorie des animaux versus fruits et légumes, les résultats de ce travail ne sont pas concluants (Capitani et al, 2003). En effet, les hommes et les femmes jugent de manière équivalente la catégorie Animaux. Ceci va à !’encontre des observations rapportées par Barbarotto et al., (2002) mais est en accord avec les résultats rapportés dans d’autres études (Capitani et al, 1999; McKenna & Parry, 1994).

Un aspect à relever dans ce travail est la différence de jugement de familiarité inter domaine observée en fonction de l’âge des participants. Les personnes âgées estiment plus familiers les concepts du domaine vivant par rapport à ceux du domaine non vivant alors qu’aucune différence n’est observée chez les adultes jeunes. Ce résultat pourrait traduire une modification avec l’âge du traitement de certaines catégories conceptuelles. Il serait possible que les scores plus élevés pour les concepts du domaine vivant traduisent une difficulté chez les personnes âgées à activer d’autres concepts du même domaine. On sait en effet que chez les patients le déficit spécifique au vivant est nettement plus fréquent que celui spécifique au non vivant (Laws, 2005; Laws et al., 2003; Zannino et al., 2002). De plus, une difficulté d’accès spécifique au vivant a également été rapportée chez les adultes âgés sains (RoIlCarpentier, Bonthoux & Kalénine, sous presse). Cependant, des travaux complémentaires avec des tâches mieux adaptées sont nécessaires afin de confirmer les probables modifications de l’organisation conceptuelle dès le vieillissement normal.

En conclusion, cette étude a permis, premièrement, de mettre en place une base de familiarité pour des concepts vivant et non vivant en fonction de l’âge et du genre des participants. Deuxièmement, l’interaction genre/catégorie observée concorde avec les conclusions d’autres travaux selon lesquels elle pourrait jouer un rôle dans l’émergence de certains déficits sémantiques spécifiques. Par conséquent, ce travail souligne l’importance et l’utilité de prendre en compte des normes séparées en fonction du genre et de l’âge des participants dans l’élaboration des tâches expérimentales. Les recherches futures se focaliseront sur la distribution d’autres facteurs liés à la structure interne des concepts (distinctivité et type de trait). Ces données permettront de constituer une base normative cohérente qui permettra au-delà de cet aspect empirique d’étudier l’évolution de l’organisation conceptuelle au cours du vieillissement normal et pathologique.

Références

Alario, F. X., & Ferrand, L. (1999). A set of 400 pictures standardized for French: Norms for name agreement, image agreement, familiarity, visual complexity, image variability, and age of acquisition. Behavior Research Method, Instruments, & Computers, 3-7(3), 531-552.

Albanese, E., Capitani, E., Barbarotto, R., & Laiacona, M. (2000). Semantic category dissociations, familiarity and gender. Cortex, 36, 733-746.

Barbarotto, R., Laiacona, M., Macchi, V., & Capitani, E. (2002). Pictures reality decision, semantic categories and gender: A new set of pictures, with norms and experimental study. Neuropsychologia,40(), 1637-1653.

Bonin, P., Peereman, R., Malardier, N., Méot, A., & Chalard, M. (2003)· A new set of 299 pictures for psycholinguistic studies: French norms for name agreement, image agreement, conceptual familiarity, visual complexity, image variability, age of acquisition, and naming latencies. Behavior Research Methods, Instruments, & Computers, 35, 158-167.

Capitani, E., Laiacona, M., Barbarotto, R. (1999). Gender affects word retrieval of certain categories in semantic fluency tasks. Cortex, 35, 273-278.

Capitani, E., Laiacona, M., Mahon, B., & Caramazza, A. (2003). What are the facts of semantic category-specific deficits? A critical review of the clinical evidence. Cognitive Neuropsychology, 20, 213-261.

Folstein, M., Folstein, S., & Mac Hugh, P. (1975). Mini Mental State: A practical method for grading the cognitive state of patients for the clinician. Journal of Psychiatry Research, 12, 189-198.

Funnell, E., & De Mornay Davies, J. B. R. (1996). A reassessment of concept familiarity and a category-specific disorder for living things. Neurocase, 2, 461-474.

Funnell, E., & Sheridan, J. S. (1992). Categories of knowledge? Unfamiliar aspects of living and nonliving things. Cognitive Neuropsychology, 9, 135-153.

Funnell, E., Hughes, D., & Woodcock, J. (April, 2002). Normal people show category-specific deficits too. Poster presented at the Experimental Psychology Conference, Leuven.

Gaffan, D., & Heywood, C. A. (1993). A sporius categoryspecific visual agnosia for living things in normal humans and nonhumans primates. Journal of Cognitive Neuroscience, 5, 118-128.

Hirsh, K. W., & Funnell, E. (1995). Those old familiar things: Age of acquisition, familiarity and lexical access in progressive aphasia. Journal of Neurolinguistic, 9, 23-32.

Hirsh, K. W., & Tree, J. J. (2001). Word association norms for two cohorts of British adults. Journal of Neurolinguistic, 14, 1-44.

Laiacona, M., Barbarotto, R., & Capitani, E. (1998). Semantic category dissociations in naming: Is there a gender effecting Alzheimer’s disease? Neuropsychologia, 5, 407419.

Laiacona, M., Luzzatti, C., Zonca, G., Guarnaschelli, C., & Capitani, E. (2001). Lexical and semantic factors influencing picture naming in aphasia. Brain and Cognition, 46(1-2), 184-187.

Laws, K. R. (1999). Gender affects naming latencies for living and nonliving things: Implications for familiarity. Cortex, 35, 729-733.

Laws, K. R. (2005). Illusions of normality: A methodological critique of category-specific naming, Cortex 41, 842-851.

Laws, K. R., Leeson, V. C., & Gale, T. M. (2003). Inflated and contradictory category naming deficits in Alzheimer’s disease? Brain and Cognition, 53, 416-418.

McCloskey, M. (1980). The stimulus familiarity problem in semantic memory research. Journal of Verbal Learning and Verbal Behavior, 19, 485-502.

McKenna, P., & Parry, R. (1994). Category specificity in the naming of natural and man-made objects: Normative data from adults and children. Neuropsychological Rehabilitation, 4, 225-281.

New, B., Pallier, C., Ferrand, L., & Matos, R. (2001). Une base de données lexicales du français contemporain sur Internet : LEXIQUE. L’année psychologique, 101, 447-462.

Perri, R., Carlesimo, G. A., Zannino, G. D., Mauri, M., Muolo, B., Pettenati, C., & Caltagirone, C. (2003). Intentional and automatic measures of specific-category effect in the semantic impairment of patients with Alzheimer’s disease. Neuropsychologia, 41(11), 1509-1522.

Roll-Carpentier, N., Bonthoux, F., & Kalénine, S. (sous presse). Vieillissement de l’organisation conceptuelle : accès aux propriétés des objets naturels et fabriqués. L’année psychologique.

Samson, D. (2001). In defence of a categorical organisation of conceptual knowledge. Thèse de doctorat de psychologie, Université Catholique de Louvain.

Samson, D., & Pillon, A. (2003). A case of impaired conceptual knowledge for fruits and vegetables. Cognitive Neuropsychology, 20, 373-400.

Sheridan, J., & Humphreys, G. W. (1993). A verbal-semantic category-specific recognition impairment. Cognitive Neuropsychology, 10, 143-184.

Stewart, F., Parkin, A., & Hunkin, N. M. (1992). Naming impairment following recovery from herpes simplex encephalitis: Category-specific? Quarterly Journal of Experimental Psychology, 44A, 261-284.

Tarrago, R., Martin, S., De La Haye, F., & Brouillet, D. (2005). Normes d’association verbales chez des sujets âgés. Revue européenne de psychologie appliquée, 55(4), 245-253.

Tippet, L. J., Grossman, M., & Farah, M. J. (1996). The semantic memory impairment of Alzheimer’s Disease: Category-specific. Cortex, 32, 143-153.

Whatmough, C., Chertkow, H., Murtha, S., Templeman, D., Babins, L., & Kelner, N. (2003). The semantic category effect increases with worsening anomia in Alzheimer’s type dementia. Brain and Language, 84(1), 134-147.

Zannino, G. D., Perri, R., Carlesimo, G. A., Pasqualetti, P., & Caltagirone, C. (2002). Category-specific impairment in patients with Alzheimer’s disease as a function of disease severity: A cross-sectional investigation. Neuropsychologia, 40(13), 2268-2279.

Liliana Rico Duarte, LTC, Université Toulouse II Le Mirail – CNRS, France

Marie-Christine Gély-Nargeot et Denis Brouillet

Université Paul Valéry, Montpellier III, France

Les auteurs remercient Françoise Bonthoux et Patrice Terrier pour la révision et les commentaires apportés aux différentes versions de ce manuscrit.

Toute correspondance doit être adressée à Liliana Rico Duarte (Ph.D.), Laboratoire Travail & Cognition, UMR 5551 du CNRS, MDR, Université de Toulouse II Le Mirail, 5 allée Antonio Machado, F-31058 Toulouse Cedex 9, France. (Tél. : (+33) 5 6l 50 35 38; téléc. : (+33) 5 6l 50 35 33; courriel : Irico@univ-tlse2.fr).

Copyright Canadian Psychological Association Mar 2007

Provided by ProQuest Information and Learning Company. All rights Reserved